J’ai longtemps cru que mon perfectionnisme était une qualité.

Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il me décevrait au quotidien…

Podcast

Version écrite

« Mes défauts ? Oh, je suis trop perfectionnisme… M’enfin, ça peut être une qualité aussi ! »

Combien d’entre nous ont déjà usé de cette bonne vieille combine en entretien d’embauche dans le but de faire comprendre au recruteur que nous avons le goût du travail bien fait quitte à faire des heures supplémentaires ?

Personnellement, je mettais en avant ce trait de ma personnalité à toutes les entrevues.

Et je ne compte plus le nombre de fois où vu le visage de mon interlocuteur s’illuminait en face de moi…

Ça fonctionnait. A chaque fois.

Plus tard, j’ai compris que mon perfectionnisme que je pensais sincèrement être une qualité était plutôt un boulet que je me traînais dès l’instant où je voulais entreprendre quoi que ce soit. 

Qu’est-ce que le perfectionnisme ?

Larousse nous dit que le perfectionnisme est « une tendance à vouloir faire tout avec un souci exagéré de la perfection. »

Dans les faits, ça se matérialise par :

  • un besoin de contrôle permanent 
  • La peur que tout ne se passe pas comme on l’avait imaginé
  • Un comportement sur la défensive face à la critique
  • Une tendance à ne pas être satisfaite même quand on mène à bien un projet
  • Un exigence élevée envers soi-même et envers les autres
  • De l’auto-critique régulière
  • Une tendance à systématiquement pointer du doigt le « détail qui tue » ?
  • L’utilisation des « je dois », « il faut que », « je devrais », « j’aurais dû » « je suis obligée de » 
  • La peur de l’échec

 

Perfectionnisme, un cercle vicieux !

Peut-être qu’enfant, on ne te félicitait pas assez pour tes résultats, peut-être que tu as manqué d’encouragements, peut-être que ce que faisais n’était « jamais assez bien ».

Et comme ça tu as développé une croyance : ce que je fais doit être parfait (pour faire plaisir, pour ne pas décevoir, pour avoir de la reconnaissance, pour être aimée…)

Le perfectionnisme prend source sur la façon dont nous avons de nous estimer. 

Souvent, on va baser notre valeur en fonction de ce que l’on va produire ou réaliser.
En d’autres termes, par rapport aux résultats qu’on obtenir.

En s’identifiant à nos résultats, la croyance limitante « Ce que je fais doit être parfait » devient finalement « je dois être parfaite ».

Un échec ferait de nous quelqu’un de « nulle », « bête », « incapable », quelqu’un qui ne vaut pas grand chose…

Tout se qu’on redoute ! 

L’échec devient alors la bête noire, LA chose à ne surtout pas envisager.

L’échec devient une peur, parce qu’il viendrait remettre en question qui nous sommes. 

La peur de l’échec devient l’objet de toute notre attention.
C’est la force motrice du perfectionnisme. 

« Je vais tout faire pour ne pas me louper ».

 

Pour l’éviter, on va développer un besoin de contrôle obsessionnel sur la façon d’arriver au résultat, quitte à élaborer des plans d’actions dans les moindres détails.

Une seule voix possible pour y arriver, tout doit se passer exactement comme nous l’avions prévu, même si cela implique de perdre beaucoup de temps sur les détails minimes.

Et comme ça, on s’épuise, on gaspille notre énergie sur des broutilles objectivement sans importance (mais qui en ont pour nous !).

Un avenir connu rassure, le changement fait peur. 

Qu’est-ce qui pourrait venir compromettre nos plans déjà tous tracés ?

Les obstacles, les difficultés, les contraintes, bref, les aléas de la vie, qu’on ne veut surtout pas envisager. 

On devient alors bien incapables de s’adapter aux difficultés.

Pas de place pour l’improvisation ni la spontanéité.

Pas de plan B vu que nous sommes convaincues qu’il n’y a qu’une seule et unique façon d’atteindre notre but ! 

Une sortie de route mènerait inévitablement droit dans le mûr.

Les obstacles ne font alors que renforcer notre peur de l’échec. 

 

Alors plutôt que de surmonter les obstacles et de trouver des alternatives, on préfère ne pas accepter la réalité.

Soit on va rester buté sur notre idée première dont on ne veut pas démordre quitte à perdre notre temps, 

Soit on va préférer entrer dans une forme d’inaction qui va nous conduire à la paralysie. On va procrastiner. 

« Si je ne fais rien, je ne risque pas de rater quelque chose »

Sauf que, cet état d’esprit nous exclu aussi de toute chance de réussir…

 

Si l’échec vient directement remettre en question qui nous sommes, la réussite quant à elle, n’est pas gage de soulagement pour autant.

Même quand nous menons un projet à bien, nous sommes encore capables de nous dire que nous aurions pu faire autrement… Ou encore mieux que le voisin…

Eternelle insatisfaction ! 

Je précise que nous ne sommes pas forcément perfectionniste dans toutes les sphères de notre vie. 

Personnellement, j’ai tendance à l’être dans ma sphère pro, et ça depuis toujours. C’est bloquant dans le sens où je perds beaucoup de temps, et d’énergie. Je sais que je pourrais amasser plus de travail en moins de temps et être plus productive si je ne m’attardais pas sur des détails. Si je savais m’adapter aux aléas techniques que je rencontre. Si je faisais ça, j’aurais plus de temps pour me reposer et faire des choses « pour moi » !

En revanche, dans ma sphère « gestion du quotidien » (gestion de la paperasse administrative, courses alimentaires, ménage etc), c’est un peu à la va-comme-j’te-pousse ! 

Je suis pas une maniaque du ménage et pas très organisée…

Ce qui me dessert aussi ! 

Avoir le goût du travail bien fait, être rigoureux et minutieuse n’est pas une tare non plus.

Le tout est de trouver un juste milieu pour éviter que ça ne devienne trop bloquant.

 

Le paradoxe du perfectionnisme

Le pire dans tout ça ? C’est que tout le monde s’accorde à dire que la perfection n’existe pas.

Ce qui peut être parfait pour toi, ne le sera peut-être pas pour moi.
C’est subjectif, donc inaccessible.

Quelque chose de « parfait » à tes yeux ne te met pas pour autant à l’abris de la critique extérieure, ni même de la tienne.
Ce qui est « parfait » aujourd’hui ne le sera peut-être plus avec 3 jours de recul.

 

Qu’est-ce que cache le perfectionnisme ?

Au delà du fait d’être en recherche d’une perfection (qui n’existe pas donc), le perfectionnisme cache finalement un manque de confiance en soi. 

Une peur de ne pas réussir, de ne pas être capable, pas assez bon, qui ne fait qu’entretenir le doute de ne pas être à la hauteur.

Pour rappel, on a confiance en nous quand on sait qu’on a les ressources nécessaires pour affronter les obstacles et les difficultés.
Choses qu’en tant que bons perfectionnistes, nous refusons de voir ! 

Et voilà, le message est parti : « tu es incapable de faire face aux difficultés, tu n’es pas capable de t’adapter. » 

Plutôt que de chercher à surmonter les obstacles, donc à lâcher prise sur la façon d’atteindre notre objectif, on va avoir tendance à s’auto-critiquer de façon excessive, parfois violente.

On va constamment pointer du doigt les sources d’amélioration possibles. Toujours mettre l’accent sur ce qui manque plutôt que sur ce qui a déjà été fait. 

Nos exigences nous fragilisent, nous font nous remettre en question et douter de nous-même. 

Or, refouler ses parts d’imperfections, ses faiblesses, ses fragilités, c’est aussi refouler une part de soi-même.

Le cercle vicieux du perfectionnisme en résumé :

Baser notre estime sur les résultats que nous obtenons nous pousse à > avoir une peur panique de l’échec qui nous invite à > nous focaliser sur le résultat, donc > nous entrons dans une volonté de contrôle où les obstacles sont inenvisageables ce qui > nous empêche de nous adapter en cas de difficultés, ce qui nous conduit parfois à > la procrastination ou à perdre du temps sur des détails pour que tout soit comme l’avait prévu.

Résultat : nous ne sommes jamais satisfaites de nous-même, nous nous remettons en question et perdons l’estime et la confiance en nous. 

 

Comment sortir de cette spirale infernale ?

Si tu as écouté les épisodes précédents du podcast, tu as déjà les réponses :)

1) Lever la croyance : « ce je que je fais = ce que je vaux / qui je suis ».

Autrement dit, sortir du filtre identitaire de nos comportements et des résultats qu’on obtient. 

2) Partant de là, il devient beaucoup plus envisageable d’assumer ce que tu juges être des imperfections. On s’accorde le fait d’être vulnérable.

3) Entrer dans une dynamique d’apprentissage et non de résultat.

4) Ne pas renier les difficultés qui font partie du processus d’apprentissage, s’ouvrir aux alternatives, ne pas avoir peur de prendre des chemins de traverses et ne pas avoir peur de changer de cap si nécessaire.

5) Voir l’échec comme quelque chose d’utile à fort potentiel : « L’échec est une occasion de gagner de l’expérience de laquelle nous pourrons tirer un enseignement. »  

Pour rappel, c’est le fait d’affronter les difficultés qui favorise notre confiance en nous. C’est le fait de sortir chaque jour un peu plus de notre zone de confort. Partant de là, on s’envoie un nouveau message : « je suis capable d’affronter les obstacles et de surmonter un éventuel échec ».

6) Enfin, célèbre tes réussites et encourage toi. Fais en cas, mets les en avant, fais-toi une liste dans ton journal pour les noter noir sur blanc et les avoir sous les yeux.  Focalise-toi davantage sur ce qui a été fait plutôt que tout ce qu’il te reste à faire. 

Ton objectif est de courir 30 minutes sans t’arrêter et tu as réussi à tenir 5 minutes ?
C’est déjà super ! Pense à ces 5 minutes, plutôt qu’aux 25 minutes « manquantes ».

Chaque petit pas est important ! ;)

 

« c’est en tombant, qu’on apprend à se relever » Anonyme 

Rejoindre L’Escapade Créative 

Et recevoir 3 exercices créatifs pour aller à la rencontre de soi en guise de cadeau de bienvenue

S’abonner à Créer sa Vie Mail

Pour recevoir les versions écrites des épisodes du podcast directement dans ta boite mail ! 

Me rejoindre sur les réseaux sociaux

Facebook
Instagram

Soutenir le podcast

En laissant le plein d’étoiles et de commentaires sur Itunes (un grand merci !)

Ne rater aucun épisode du podcast

En s’abonnant sur Itunes, Google Podcast, Spotify, SoundcloudYoutube ou toute autre agrégateur de podcast

A bientôt !

Image : Freepik

Pin It on Pinterest